Lancement des activités de terrain du PRF-GOH : à Lahouda, le Directeur Général de l’AFOR plaide pour un meilleur accès des femmes à la terre
« Il faut également penser à l’avenir de nos enfants. » C’est l’un des messages forts du Directeur Général de l’Agence Foncière Rurale (AFOR), aux chefs traditionnels et aux populations de Lahouda, dans la sous-préfecture de Diégonéfla, à l’occasion d’une réunion publique d’information et de sensibilisation organisée dans le cadre du lancement des opérations de terrain du Projet de Restauration Forestière de la Région du Gôh (PRF-GÔH).
Au cours de son intervention, M. Marc KOFFI Gnalhey a particulièrement insisté sur la nécessité de faciliter l’accès des femmes à la propriété foncière, en raison de leur contribution essentielle à la sécurité alimentaire et à l’économie des ménages ruraux.
Il a notamment évoqué le rôle des femmes dans la production et la commercialisation des cultures vivrières telles que le gombo, l’arachide et le piment, dont les revenus permettent de subvenir aux besoins des familles.
Dans un plaidoyer adressé aux chefs de village, le Directeur Général de l’AFOR a invité les populations locales à concilier le respect des traditions avec la nécessité de mieux protéger les droits fonciers des femmes et des générations futures.
« Ce que nous demandons n’est pas contre les hommes, mais c’est pour protéger nos enfants. Nous ne demandons pas de faire fi de nos coutumes ni de les changer, mais il faut également penser à l’avenir de nos enfants », a-t-il expliqué.
M. Marc KOFFI Gnalhey a rappelé que le PRF-GÔH ambitionne de sécuriser 275 000 hectares de terres rurales, avec pour objectif qu’au moins 20 % des certificats fonciers délivrés portent le nom d’au moins une femme.
Il a ainsi encouragé les autorités coutumières et les détenteurs de droits fonciers à accompagner cette dynamique, afin de favoriser une participation plus inclusive des femmes aux opérations de sécurisation foncière.
Pour sa part, le Sous-Préfet de Diégonéfla, M. KOMAN Gustave, a exhorté les populations de Lahouda à adhérer pleinement au PRF-GÔH, en privilégiant le dialogue et la concertation pour prévenir les conflits fonciers.
Il a particulièrement sensibilisé les chefs traditionnels et les détenteurs de droits coutumiers à la nécessité de faciliter l’accès des femmes à la terre et de favoriser la sécurisation de leurs droits fonciers.
Soulignant le rôle essentiel des femmes dans la production agricole, la sécurité alimentaire et le bien-être des familles, l’autorité préfectorale a invité les communautés à leur accorder une place plus importante dans le processus de sécurisation foncière, avant d’appeler l’ensemble des populations à se mobiliser autour du projet, afin d’en faire un véritable levier de cohésion sociale et de développement local.
Le témoignage de M. BROU Djekou, Président de la mutuelle de développement du village, a contribué à rassurer les populations sur les avantages de la sécurisation foncière rurale. Faisant partie des premiers bénéficiaires de certificats fonciers dans la région, dès 2017, il a révélé avoir déboursé plusieurs millions de francs CFA pour obtenir ses documents fonciers.
Fort de cette expérience, il a exhorté ses parents à saisir l’opportunité offerte par le PRF-GÔH, qui prévoit la délivrance gratuite des certificats fonciers. « J’aurais souhaité bénéficier d’une telle opportunité lorsque j’ai entrepris mes démarches », a-t-il confié.
Répondant également aux inquiétudes relatives à d’éventuels impôts après l’obtention du certificat foncier, il a assuré que, depuis 2017, aucune somme ne lui avait été réclamée par l’État au titre de ses certificats fonciers. Un témoignage qui a permis de lever certaines appréhensions et d’encourager les populations à adhérer pleinement au projet.
La rencontre a également permis aux populations d’exprimer leurs préoccupations et d’obtenir des éclaircissements sur les différentes étapes du processus.
Il faut noter que ces rencontres d’information et de sensibilisation étaient en réalité à l’échelle des différentes sous-préfectures visitées. Dans la mesure où ces rencontres ont réuni dans les villages hôtes, l’ensemble des chefs, des représentants des jeunes et des femmes de tous les autres villages de la sous-préfecture.